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Un président au km²Au rythme des candidatures présidentielles, il y aura bientôt un présidentiable pour chaque Mauritanien. Un président au km². C’est quand même merveilleux que chacun ait tant de choix. Et c’est certainement une situation que nous envient bien des pays qui ont un candidat unique qui se « renouvelle » depuis des dizaines d’années. Alors sachons la mettre à profit. A l’examen des candidatures formulées jusqu’à présent, en attendant le prochain arrivage, le Mauritanien a l’embarras du choix. Des candidatures Terre-Air-Mer de tous horizons. L’infanterie, la Marine, l’aviation, le génie civil et le génie militaire, les économistes, les juristes, les financiers, les médecins, une pléiade de candidats qui postule à la présidence et c’est tant mieux. Car plus le choix est grand et plus on peut avoir ce qu’on veut. La multiplicité des candidatures est réellement à encourager, comme il faut encourager ceux qui de bonne volonté ont décidé de consacrer trois mois de leur vie à essayer de conquérir le palais ocre. Jusqu’au mois de mars prochain, la Mauritanie sera alors un gigantesque arbre à palabre sous lequel on étalera ses avantages et l’on défendra sa personne pour que enfin au jour « J », le peuple reconnaissant, ou fatigué, daignera offrir sa voix au candidat. Un certain candidat qui se serait détaché du lot car il aura trouvé le « filon » lui ayant permis de rallier à sa cause les masses populaires. Aujourd’hui ce « filon » est encore profondément enfoui dans les entrailles de la montagne-Etat. Mais au nombre de candidats présents, le quadrillage du territoire se fera sans peine et l’on finira bien en creusant du coté où le vent tourne par le trouver. Certains ont déjà commencé à tamiser le lit du petit ruisseau qui filtre du côté du pouvoir et ces orpailleurs, en ont déduit, au vu des traces, que l’indépendance était le meilleur atout pour arriver à la présidence. D’autres au contraire, chevaliers de leurs idées s’en sont pris aux quatre vents pour aller chercher du côté du moulin ce que Don Quichotte a juste cru entrapercevoir. Mais tous aspirent à réaliser un programme, le leur. Ils offrent ainsi, par la compilation de ces programmes, un moment de lecture politique qui pour certains romprait la monotonie du journal télévisé ou jetterai d’autres dans une hilarité qui ne trouverait ses limites que dans le programme voisin. En somme la démocratie par personnes interposées. Un président pour chacun, pour chaque situation pour chaque évènement, pour chaque problème, pour tout et pour rien, mais que demande le peuple ? Hélas, au palais ocre, il n’ ya qu’un seul siège et même si l’on se serrait un seul pourrait y entrer. Mais les autres pourront toujours dire que ce n’est pas faute d’avoir essayé. Leur honneur en sera sauf, ils auront concouru pour la République. Mais qui aujourd’hui et maintenant pourra dire comme Clemenceau : « La vie m'a appris qu'il y a deux choses dont on peut très bien se passer : la présidence de la République et la prostate » ?. Il aura alors fait œuvre utile en s’épargnant le parcours du combattant. Mais, il est vrai que Clemenceau fut président...de conseil. Pr ELY Mustapha |